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Destruction de la Terre : l’humanité à l’aube d’innombrables catastrophes


DIMANCHE 24 OCTOBRE 2021



Destruction de la Terre : l’humanité est à l’aube d’innombrables catastrophes, mais aucune mesure radicale n’est prise



La planète Terre va mal, de plus en plus mal, en raison du réchauffement climatique, de la pollution massive, de la surpopulation ... Des causes liées à l’action humaine et non à des phénomènes naturels. Et de nombreuses catastrophes devraient survenir si des mesures radicales ne sont pas prises dès aujourd’hui, préviennent les plus grands scientifiques du monde entier. Les droits humains fondamentaux, se nourrir, se loger, vivre en sécurité, en bonne santé, sans compter tous les autres, devraient en faire les frais, en premier lieu dans les pays sous-développés, mais pas seulement. Pour l’instant, l’humanité paraît impuissante à enrayer cette chute accélérée, tellement les problèmes immédiats sont nombreux et les conflits multiples. A moins qu’un jour la pression des populations, enfin conscientes du drame à venir, ne fasse s’accorder les dirigeants de la planète, et que ceux-ci réagissent de concert. Un espoir encore ténu.


La réforme, oui, mais pas la révolution. La Terre est en danger, mais la révolution écologique n’est pas à l’ordre du jour pour la sauver, seulement des réformes, si elles sont appliquées … L’humanité n’est pas prête actuellement à changer radicalement ses modes de vie et de production.


Pourtant, le dernier rapport très alarmiste du GIEC (le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur le réchauffement climatique, publié le 9 août 2021, aurait dû créer une très forte prise de conscience depuis plus de deux mois, il n’en a rien été. Et la gigantesque conférence internationale sur le climat (COP 26), qui va avoir lieu dans quelques jours à Glasgow pour une douzaine de jours, et qui va réunir plus de 190 dirigeants mondiaux, ainsi que des dizaines de milliers d’autres intervenants, devrait, comme les autres années, soit être un échec, soit aboutir à un communiqué plein de bonnes intentions, mais qui n’engagent aucun pays.


Qui sait d’ailleurs ce que sont le GIEC et les COP (Conférence des Parties), ces acronymes barbares ? Pourtant le GIEC est devenu un organe majeur des Nations Unies, qui va publier son sixième rapport d’évaluation sur le climat depuis sa création en 1988. Plus de 700 auteurs de haut niveau, du monde entier, ont contribué à l’élaboration d’un document très fouillé, en faisant une synthèse exhaustive de plusieurs milliers d’articles scientifiques des revues les plus sérieuses. Leurs conclusions ne sont donc pas des vues de l’esprit, des visions caricaturales. Les grands scientifiques sont connus pour leur rigueur, et n’avancent pas leurs mots à la légère. Et ces conclusions ont été relues et amendées par les gouvernements du monde entier, elles ne sont donc pas fantaisistes. Et que disent ces grands scientifiques : « Nombre de changements relevés sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d’années, et certains phénomènes déjà en cours - comme l’élévation continue du niveau de la mer - sont irréversibles sur des centaines ou des milliers d’années ».


Le besoin de mesures « immédiates, rapides et massives »


Et d’ajouter : « Le rapport fournit de nouvelles estimations de la possibilité que le réchauffement planétaire excède 1,5°C au cours des prochaines décennies et fait valoir qu’à moins de réductions immédiates, rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre, la limitation du réchauffement aux alentours de 1,5°C, ou même à 2°C, sera hors de portée (…) La température mondiale, en moyenne sur les 20 prochaines années, devrait atteindre ou franchir le seuil de 1,5°C ». Les gaz à effet de serre proviennent essentiellement de la combustion à plein régime du pétrole et de ses dérivés, du charbon, du gaz et du méthane pour faire tourner le monde.


Or l’Accord de Paris de la fin 2015 (lors de la COP21), avait été considéré comme un grand succès, puisque 195 pays s’étaient fixés unanimement comme objectif une limitation de la hausse du réchauffement climatique à moins de 2°C à l’horizon 2100 (en visant même la barre des 1,5°C) par rapport à l’ère dite pré-industrielle (1850-1900). Peine perdue, le seuil fatidique des 1,5°C devrait être atteint vers 2040, avec soixante années d’avance sur les prévisions. Et pour la fin du siècle, en tenant compte des engagements annoncés, le monde est sur le chemin d’une hausse de la température de 2,7°C. Là, ce serait le cataclysme.


Famines, morts, submersion de terres, vagues migratoires, conflits meurtriers …


Car si les hausses de fractions de degrés apparaissent ridiculement basses, et ne devraient a priori pas nous inquiéter, les scientifiques nous expliquent qu’elles ont des conséquences catastrophiques sur la nature : pluies intenses, tempêtes, cyclones, inondations, canicules, sécheresses, élévation du niveau de la mer (fonte des glaces et de la neige partout dans le monde), acidification des océans, baisse de leur teneur en oxygène et de leur capacité à capter du dioxyde de carbone, le plus inquiétant des gaz à effet de serre, etc. Avec des conséquences humaines terribles : des famines, des morts, des submersions de terres et d’îles, des vagues migratoires majeures, des conflits meurtriers …


Et le réchauffement climatique n’est pas tout. L’être humain détruit aussi la planète à grande vitesse par une pollution tous azimuts.

Et le réchauffement climatique n’est pas tout. L’être humain détruit aussi la planète à grande vitesse par une pollution tous azimuts. Pollution de l’air par les particules fines (rejets de l’industrie, du chauffage, des moteurs à explosion, comme ceux des voitures à essence ou surtout diesel, des avions, des bateaux …), par les pesticides, avec toutes les maladies que cela entraîne sur les poumons, sur le système cardio-vasculaire, la multiplication des cancers, la perturbation du système endocrinien …. Pollution des cours d’eau et de la mer, par les déchets, le plastique notamment, les eaux usées, les médicaments, les produits chimiques … Avec pour conséquence notamment la mort des coraux, des poissons, des crustacés, qui protègent et nourrissent une grande partie de l’humanité … Pollution des sols enfin, par l’industrie, l’agriculture intensive, l’utilisation des engrais et des pesticides, l’exploitation disproportionnée de l’eau, la déforestation, la fracturation hydraulique pour aller chercher du pétrole, qui pollue les nappes phréatiques … Avec pour conséquences les disparitions des insectes pollinisateurs, la production d’aliments peu sains voire dangereux pour la santé, la pénurie d’eau, la désertification des sols, l’abandon des cultures, la disparition de poumons de la planète comme les forêts d’Amazonie, du Congo et d’Indonésie …


Las catastrophes environnementales risquent d’être d’autant plus douloureuses que la population ne cesse d’augmenter. Nous étions moins de 2 milliards d’habitants en 1900, environ 8 milliards actuellement, et l’ONU prévoient une population d’environ 10 milliards d’être humains en 2050, et 11 milliards en 2100. Alors que déjà la famine et la sous-nutrition touchent de nombreux pays. Et que cette surpopulation entraîne une urbanisation accélérée, donc moins de terres pour nourrir la planète.


La résolution de problèmes dits immédiats prime sur tout le reste


Malgré ce constat désespérant, l’humanité paraît bloquée à ne faire que des réformes, pas à révolutionner nos modes de vie et de production. Il est vrai que la situation est éminemment complexe à résoudre.



Malgré ce constat désespérant, l’humanité paraît bloquée à ne faire que des réformes, pas à révolutionner nos modes de vie et de production.

D’abord, les populations du monde entier se préoccupent avant tout de résoudre leurs problèmes immédiats, qui sont souvent graves et nombreux. Dans les pays sous-développés, la question même de la survie est souvent posée aujourd’hui, par l’absence de nourriture, de soins, les conflits, le Covid-19 … Dans les pays développés, les préoccupations se concentrent bien évidemment sur la pandémie, mais aussi sur les problèmes de pouvoir d’achat, de sécurité, d’immigration, la protection de l’environnement restant relégué au second plan. Les partis écologiques ne percent d’ailleurs pas vraiment, et les programmes verts des autres partis sont souvent insuffisants. Enfin, les grands médias généralistes ne relayent pas la gravité de la situation, alors qu’elle mériterait un éclairage puissant. Et le sujet de la protection de l’environnement est extrêmement clivant au sein des populations, certains estimant qu’il n’y a pas à s’affoler devant les « prophètes du malheur », que des solutions seront de toute façon trouvées, alors que d’autres, notamment les jeunes, sont souvent très inquiets.


Le monde est aussi accroc à la société de consommation, qui offre de nombreuses satisfactions. Sans compter les pays émergents qui aspirent à sortir de vies très difficiles, et profiter eux aussi à leur tour du confort matériel. Pourtant, la société de consommation est-elle le seul mode de vie pour se sentir bien ?


Le culte du profit est aussi un puissant moteur. Les lobbies industriels, du pétrole, du charbon, du gaz, de la banque … ne veulent pas remettre en cause les immenses rentrées d’argent que leur procure la croissance. Selon le journal « Le Monde » (20 octobre 2021), une étude révèle que Total et Elf (deux compagnies pétrolières réunies depuis en une seule, TotalEnergies), bien que conscientes des risques depuis 1971, ont mis en doute les données scientifiques qui menaçaient leurs activités. Et que l’on savait déjà depuis longtemps déjà que ExxonMobil, BP et Shell ont longtemps nié le changement climatique, dont ils étaient pourtant certains de la gravité.


La difficulté de trouver un accord entre nations belliqueuses


Par ailleurs, les nations deviennent de plus en plus belliqueuses, emportées par les conflits liés à l’islamisme radical, qui meurtrissent notamment tout le Moyen-Orient et le Sahel, ou par la nouvelle guerre froide entre les deux nouvelles super puissances, les États-Unis et la Chine, et leurs alliés respectifs, sans compter les visées expansionnistes de la Russie, qui coopère souvent avec l’empire du Milieu. Et de grands pays émergents comme l’Inde ou le Brésil ne sont guère coopératifs en matière de protection de l’environnement. Comment alors se mettre d’accord pour la sauvegarde de la planète, surtout quand les plus grands pays, les plus gros pollueurs de la planète, s’entendent si mal ?


Alors, n’y-aurait-il plus d’espoir ? Certes, des solutions fortes existent. Forcément, elles rencontrent de très fortes oppositions. Après la publication du rapport du GIEC le 9 août dernier, WWF France ( le Fonds Mondial pour la Nature) n’y allait pas par quatre chemins : « Pour aligner les émissions de la France avec un objectif de 1,5°C, il faudrait par exemple, abandonner les moteurs thermiques ( moteurs essence ou diesel) des voitures individuelles au plus vite, renoncer aux liaisons aériennes internes, limiter drastiquement les vols internationaux, diviser par près de 3 notre consommation de viande individuelle ( les vaches émettent en effet du méthane, gaz très polluant), contenir nos achats de vêtements neufs à 1 Kg par an et par personne ou encore engager des plans massifs de rénovation thermique ». On en est très loin.


Des solutions alternatives, moins radicales, existent, mais elles sont aussi toutes ou presque l’objet de grandes controverses.

Des solutions alternatives, moins radicales, existent, mais elles sont aussi toutes ou presque l’objet de grandes controverses. Pourtant, s’il s’agit de survie, il faudra bien en passer par là. La transition écologique passe par de nombreux moyens : l’abandon de la surconsommation, la réduction de la consommation, le développement des transports collectifs, des vélos, des voitures électriques, les éoliennes, le solaire, la géothermie, la biomasse ( matière organique d’origine végétale, bactérienne ou fongique, utilisable comme source d’énergie) , la sobriété énergétique et matérielle ( réparation, réemploi, durabilité forte …), l’agriculture biologique, le localisme ( la consommation de produits locaux), la réduction de la mondialisation, l’aide aux pays sous-développés pour éviter qu’ils recourent à des technologies polluantes …


L’espoir dans les jeunes générations ?


Il existe aussi un retour en grâce récent de l’énergie nucléaire, réputée ne pas produire de gaz à effet de serre. En France, le gouvernement réfléchirait au lancement de nouveaux EPR ( les grands réacteurs nucléaires de nouvelle génération), alors même que premier d’entre eux, celui de Flamanville, n’est toujours pas rentré en activité après des années de retard et de graves surcoûts. Et des projets de petits réacteurs nucléaires (SMR) sont en préparation. Dans le monde, beaucoup de pays construisent des réacteurs nucléaires , comme la Chine, l’Inde, la Russie ... Les dangers énormes de pollution radioactive due à l’explosion d’un réacteur nucléaire ont déjà été démontrés (Tchernobyl, Fukushima), tandis que les déchets nucléaires restent dangereux pour des milliers d’années. Le remède n’est-il pas pire que le mal ?


Mais un réveil pourrait venir malheureusement de cataclysmes majeurs, qui pourraient pousser les populations à réagir et à se rebeller contre leurs dirigeants.

Mais un réveil pourrait venir malheureusement de cataclysmes majeurs, qui pourraient pousser les populations à réagir et à se rebeller contre leurs dirigeants. Déjà l’été 2021 a été marqué par une suite de catastrophes, dans des pays jusque-là relativement épargnés : pluies diluviennes en Allemagne et en Belgique (plus de 200 personnes ont été tuées) ; feux de forêts majeurs en Espagne, en Grèce, en Turquie, en Algérie, mais aussi en Russie sibérienne ; températures proches de 50°C au Canada ; inondations en Chine … Pour l’instant, les gouvernements de ces pays ne prennent aucune mesure radicale pour éradiquer les causes de ces drames. Ils réparent les dégâts, quand ils peuvent.


Plus réjouissant cependant, l’espoir viendra peut-être de l’arrivée prochaine des jeunes générations au pouvoir, qui sont déjà très anxieuses de l’avenir qui leur est réservé. A cet égard, l’activité de la jeune militante suédoise Greta Thunberg commence à avoir un effet boule de neige auprès d’une partie de la jeunesse mondiale, même si son discours radical est contesté, souvent de façon très violente, voire ordurière. La partie est loin d’être gagnée, on le voit, quant on s’attaque brutalement à une jeune femme, qui ne dit que des simples vérités.