Résultats de recherche
199 résultats trouvés avec une recherche vide
- Le droit d'être pris au sérieux
Que l'on soit un patient dans la sphère médicale ou stagiaire dans le monde du travail, le moins que l'on puisse dire est que nous ne sommes pas toujours pris au sérieux. Chronique "coup de gueule" de Michelle Jean-Baptiste avec de jeunes invités surprise pour commencer le mois de Juin. Diffusion sur Globe radio le Dimanche 5 juin, rediffusion le jeudi 9 juin et en continu sur le site www.humainsenaction.org
- Harcèlement scolaire : comment faire ?
Le harcèlement scolaire fait des dégâts. Des enfants victimes vont jusqu'à se suicider pour sortir de l'enfer des coups, des brimades, des insultes, du chantage, du racket, parfois même des menaces de mort. La chronique radiophonique Droits Humains en action diffusée le 27 février 2022 sur Globe radio est dédiée à ce sujet avec comme invitée spéciale Danisha Graziela Okolambourou Oolanga, fondatrice de la plateforme C'All Together dédiée à la lutte contre le harcèlement scolaire et finaliste de la première édition du Prix Humains en action 2021. Danisha Graziela Okolambourou Oolanga au micro de Droits Humains en action. Merci à Fred pour la photo ;-) Pour écouter la chronique cliquer ici
- Appui à la paix en Ukraine
Depuis quelques jours, le monde est en état de choc. La démocratie Ukrainienne attaquée par la Russie en pleine nuit, Kiev bombardée. Des millions de personnes ont déjà besoin d'une aide humanitaire urgente. On ne peut pas rester les bras croisés. Comment faire pour aider ? L'association People in Need et Care International organisent des distributions d'urgence auprès de la population ; composées de nourriture, d'eau, de kits d'hygiène mais aussi de soutien psychologique aux civils, hommes, femmes et enfants qui viennent de recevoir, littéralement, le ciel sur la tête. Si vous souhaitez participer à cet appel aux dons vous pouvez vous connecter sur ce lien
- Les gagnants et finalistes du Prix Humains en action 1ère édition
Samedi 12 février 2022 a eu lieu la remise du Prix Humains en action Spécial étudiants et jeunes actifs 1ère édition. Les gagnants sont Théo Dehasque et Guillaume Steengracht pour leur projet Cartons Gratuits. Ils remportent 2000 € en numéraire ainsi que des prestations d'accompagnement d'une valeur totale de 8000 €. Félicitations à eux ! Photos des gagnants du Prix 1ère édition Théo Dehasque et Guillaume Steengracht Les autres finalistes n'ont pas démérité et les suivent d'ailleurs d'une courte tête dans le classement final avec deux ex æquo en deuxième place Agathe Leroy avec le projet Papi et Mamie zen et Walid Massour et Ralph-Angelo Faubas avec le projet Breecup. Suivies à la troisième place par Bochra Berriche pour son projet Appel Lib et à la quatrième place Danisha Graziela Okolambourou Oulanga pour son projet C'All Together. Tous et toutes bénéficieront également d'un accompagnement. Photos des finalistes de la première édition du Prix Humains en action Pour accéder à toutes les photos et à la vidéo de remise de prix c'est ici
- Mention spéciale pour La vie en prison de Kim Hong Mo
Les mangas et mangakas ne mettent pas en scène uniquement des super héros et héroïnes de fantasy, ils sont aussi un moyen d'expression à part entière capables de s'emparer de tous les sujets. Découvert par notre association Humains en action grâce à un encart dans un magazine dédié au genre, Ma vie en prison est le récit autobiographique poignant d'une expérience carcérale en Corée du Sud. Un ouvrage, véritable ode à la liberté d'expression et à la liberté tout court. Et si vous voulez en savoir plus sur le contenu, n'hésitez pas à lire le très bon article d'Aurélien Pigeat paru dans ActuaBD. Pour le consulter, c'est ici : https://www.actuabd.com/Ma-vie-en-prison-Par-Kim-Hong-Mo-Kana Ma vie en prison. Par Kim Hong-Mo. Traduction Yeong-hee Lim et adaptation Mélanie Basnel. Kana, collection "Made In". P aru le 15 mai 2020. 224 pages. 18 euros.
- Prix Humains en action 1ère édition : appel au vote du public !
Les pitchs des finalistes du Prix Humains en action 1ère Édition 2021 spéciale "Étudiants et jeunes actifs" enregistrés lors de la présentation faites samedi dernier en distanciel devant le jury sont disponibles en ligne et prêts à recueillir les votes du public qui compteront pour 40% de la note globale. Pour rappel voici la liste des 5 projets sélectionnés dans le peloton de tête : - Projet "App Lib" porté par Bochra Berriche - Projet "Cartons gratuits" porté par Théo Dehasque et Guillaume Steengracht - Projet "Papi et Mamie zen" porté Agathe Leroy - Projet "Breecup" porté par Walid Massour et Ralph-Angelo Faubas - Projet "C'All Together" porté par Danisha Graziela Okoulambouro Olanga
- Initiative inspirante à Los Angeles pour les sans-abris
Une femme transforme un coin de rue en salon de coiffure pour les sans-abris. Mention spéciale pour cette initiative relayée sur Brut. Shirley Raines : une humaine en action !
- Nuit solidaire à Paris
On devrait le faire toute l'année, ne pas y penser une nuit par an, mais si cela peut aider à sensibiliser de nouvelles personnes sur le sujet, ça n'est déjà pas si mal. Ce soir, 20 janvier 2022, c'est la nuit de solidarité dont l'objectif est de faire un décompte et des "interviews" de nuit des sans-abris pour mieux connaître leurs besoins afin d'adapter au mieux les politiques sociales envers ces populations fragiles. L'année dernière, le 25 mars 2021, la Nuit de la Solidarité avait permis de recenser 2829 personnes en situation de rue, l'âge moyen se situait autour de 41 ans, 13% d'entre eux étaient des jeunes de moins de 25 ans et 18% des personnes de plus de 55 ans, 61% étaient à la rue depuis plus d'un an. Il n'y a pas qu'une journée à vivre sans toit et dans la peur, le mépris ou l'indifférence pour les sans-abris. On prévoit 2° petits degrés cette nuit. Il fait froid. Cette année, une attention particulière est apportée à l'évaluation de l'impact de la crise sanitaire sur la précarité et les situations de rue à Paris. Mais il n'y a pas que Paris et il n'y a pas qu'une journée à vivre sans toit et dans la peur, le mépris ou l'indifférence pour les sans-abris. Alors essayons de mettre en œuvre, chacun à notre manière des actions de soutien : une boisson chaude, un repas, un regard chargé d'autre chose que de pitié et pourquoi pas, rejoignons les rangs des bénévoles des associations d'appui aux sans-abris où que nous nous trouvions et qui ont plus que jamais besoin de renfort. Quelques noms de structures et des liens pour proposer votre aide ou savoir quoi faire : L'association Aurore : https://www.aurore.asso.fr/pole-urgence-sociale-et-hebergement/housing-first-dans-le-monde La Croix rouge : https://www.croix-rouge.fr/?utm_source=google&utm_medium=cpc&utm_campaign=WL2021&gclid=Cj0KCQiAraSPBhDuARIsAM3Js4r6JH4019ULRsTpI76SkCMDDRCp2ICK9vB3C66M5jglUb-Jit8LUW8aAgB9EALw_wcB Le SAMU social: https://www.samusocial.paris/comment-aider-les-personnes-sdf-et-sans-abri
- Un an d'une avancée majeure dans le domaine de l'extraction des "minerais de sang"
Dans la série des "rayons de soleil" que nous vous offrons chaque semaine, voici une bonne nouvelle en matière d'avancée en faveur de droits humains. Depuis le 1er janvier 2021, est entré en vigueur le règlement relatif aux minerais provenant de zones de conflit, qui prévoit que les méthodes d'extraction des minerais concernés doivent être conformes aux droits humains. Ce règlement vise à endiguer le commerce de quatre minerais - l’étain, le tantale, le tungstène et l’or - souvent appelés "les minerais de sang" car leur extraction et leur commerce entretiennent des conflits armés, s'intègrent parfois dans des réseaux de blanchiment d'argent ou passent souvent par le travail forcé d'adultes comme d'enfants. Depuis un an, le règlement a instauré un véritable système de traçabilité sur des métaux dont les usages sont très variés dans l'industrie, l'électronique et les équipements civiles, ainsi que dans l'investissement et la joaillerie s'agissant de l'or, mais aussi dans les industries de défense, notamment pour ce qui concerne le tungstène et le tantale. Depuis un an un devoir de diligence s'impose pour les responsables des chaînes d’approvisionnement, pour les responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque et concerne directement toutes les entreprises qui importent de l’étain, du tantale, du tungstène et de l’or dans l’Union Européenne, quelle que soit l’origine de ces minerais et métaux. Même s'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir (des pays du monde entier achètent des produits contenant des minerais et les fraudes restent encore trop nombreuses), plusieurs contrôles ont eu lieu partout en Europe ; preuve qu'il ne faut pas désespérer de l'application des textes de loi, même partielle. Aussi est-il important d’encourager d’autres pays à mettre en place des mesures de contrôle similaires. Tout n'est pas encore parfait, mais ne baissons pas les bras ! Pour en savoir plus sur le règlement (UE) 2017/821: https://ec.europa.eu/trade/policy/in-focus/conflict-minerals-regulation/regulation-explained/index_fr.htm
- Journée mondiale du "Merci"
Il s'écrit en peu de lettres et pèse pourtant aussi lourd lorsqu'il est dit que lorsqu'il est omis. "Merci" : si facile à prononcer, mais de moins en moins utilisé. Il s'écrit en peu de lettres et pèse pourtant aussi lourd lorsqu'il est dit que lorsqu'il est omis. "Merci" : si facile à prononcer, mais de moins en moins utilisé ou alors à la va-vite sans y penser vraiment. A qui la faute ? Au stress ? Au zapping constant d'une activité à l'autre ? A notre perpétuelle insatisfaction ? A notre quête du toujours plus, toujours mieux, toujours plus haut, toujours plus loin ? Serions-nous devenus à ce point tellement blasés, égocentrés et déprimés, que nous n'arriverions plus à ressentir la moindre gratitude pour ce que nous avons déjà, pour ce que nous vivons et pour ce que nous apportent, au quotidien, beaucoup de gens autour de nous ? Faire preuve de gratitude est pourtant simple comme "Bonjour". Il suffit juste de le dire, et de le dire vraiment, avec sincérité et engagement. "Bonjour et merci" à l'éboueur qui vide nos poubelles chaque matin et évite ainsi que les rats ne pullulent. "Bonjour et merci" au gardien d'immeuble pour la distribution du courrier. "Bonjour et merci" à la personne qui vous tient la porte quand le poids des sacs pèsent. "Bonjour et merci" au collègue ou à l'associé qui apporte les croissants de la matinée, à nos amis, conjoints, parents, enfants d'être près de nous, même s'ils nous agacent parfois, même s'ils ont des défauts. Qui n'en n'a pas ? Et vous verrez comme elles commenceront à vous manquer ces sources d'agacement quand ils ne seront plus là, temporairement ou définitivement. J'entends certains penser qu'ils ne feraient que leur métier ou leur devoir, tous ces "autres", ou encore "que c'est bien basique tout ça !", voire un peu fleur bleue sur les bords. Et alors ! Si se respecter et faire preuve de gratitude est "nian-nian", comme j'ai entendu certains l'exprimer avec mépris, eh bien soyons "nian-nian" ça changera de la violence et du manque de considération ambiants. Si se respecter et faire preuve de gratitude est "nian-nian", comme j'ai entendu certains l'exprimer avec mépris, eh bien soyons "nian-nian" ça changera de la violence et du manque de considération ambiants. En matière de droits humains on le sait bien, la gratitude est une espèce en voie de disparition et c'est bien dommage car elle est le carburant naturel de beaucoup d'actions positives ainsi que l'expression du respect qui sous-tend la défense de nombreux droits. L'idée n'est pas d'envisager les remerciements comme une récompense, mais comme un mode de fonctionnement équilibré entre les individus. Sans compter que la gratitude et le fait de dire merci sont bons pour la santé : aussi bien pour celui ou celle qui le reçoit que pour les personnes qui le disent. Une étude menée par le Pr Paul Mills de l'Université de Californie, aux États-Unis, a ainsi établi un lien direct entre la gratitude et les problèmes cardiaques, d'anxiété et de dépression. Le résultat est formel : les personnes qui savent dire merci au quotidien sont en meilleure santé. Alors osons le dire et aux bonnes personnes. A qui avez-vous envie de dire Merci aujourd'hui ?
- Bilan mondial 2021 : les droits humains toujours plus brutalisés
2020-2021. La planète a pris définitivement un très mauvais tournant en matière de respect des droits humains. Une dégradation qui coïncide avec l’apparition de la pandémie mondiale du Covid-19, il y a deux ans. Mais d’autres fléaux majeurs ont contribué à ce renversement inquiétant : l’intensification des conflits, le renforcement des dictatures, la haine propagée par les réseaux sociaux, et le drame climatique. La situation, déjà grave en 2020, s’est clairement détériorée en 2021. Le monde est rentré maintenant pleinement dans une période de méfiance, d’inquiétude, de violence et de danger, au niveau aussi bien international, national, que local. Les ravages causés par les nouveaux fléaux sont nombreux : augmentation de la pauvreté, des inégalités, de la faim ; poursuite des terribles vagues migratoires et accroissement des réfugiés ; atteintes aux droits des enfants et des femmes ; attaques encore plus appuyées contre la liberté d’expression. La solidarité est loin d’avoir été suffisante pour répondre à la hauteur des enjeux, même si les bonnes volontés sont nombreuses. Mais le grand basculement vers moins de paix, de coopération et de justice, est à l’œuvre. La pandémie, révélatrice des égoïsmes nationaux Les pays riches se sont repliés sur eux-mêmes l’an dernier, tentant de résoudre d’abord les graves problèmes qui se posent chez eux. Le Covid-19 et ses conséquences sanitaires, économiques et sociales occupent tous les médias et les tous les esprits, occultant la situation des pays pauvres ou en conflit, dont l’état est beaucoup plus préoccupant. Le Covid-19 et ses conséquences sanitaires, économiques et sociales occupent tous les médias et les tous les esprits, occultant la situation des pays pauvres ou en conflit, dont l’état est beaucoup plus préoccupant. La Déclaration universelle des droits de l’homme, édictée en 1948, avait permis des progrès significatifs en matière de respect de l’être humain, en l’espace de près de 75 ans. Cette déclaration est désormais sérieusement égratignée. Certains doux rêveurs auraient pu penser que la pandémie mondiale, et ses 10 à 15 millions de morts en deux ans selon les estimations et non selon les chiffres officiels, auraient créé un soudain élan de coopération internationale, un électrochoc puissant. Il n’en a rien été, bien au contraire. En 2020, les Etats avaient déjà réagi en ordre dispersé, chacun menant globalement sa propre politique. En 2021, l’absence de solidarité a encore été plus choquante, alors que les vaccins commençaient à se déployer dans les pays du Nord, mais pas dans ceux du Sud. Le 13 décembre dernier, le Docteur Tedros, directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indiquait ainsi que dans les pays développés, 65% de la population avaient reçu une injection au moins et 8% seulement dans les pays les plus pauvres. Un mauvais calcul d’ailleurs pour les pays riches, puisque l’absence de vaccination favorisent l’émergence de nouveaux variants, qui atteignent ensuite la Terre entière. Une nouvelle guerre froide Nous assistons ainsi à la constitution accélérée de deux blocs géopolitiques très fortement antagonistes, les États-Unis et leurs alliés d’une part, et la Chine et la Russie d’autre part - et leurs partenaires. Autre inquiétude, la multiplication des conflits, aussi bien globaux que locaux. Nous assistons ainsi à la constitution accélérée de deux blocs géopolitiques très fortement antagonistes, les États-Unis et leurs alliés d’une part, et la Chine et la Russie d’autre part - et leurs partenaires. Un avant-goût de la guerre froide de 1947 à 1991 entre les deux super puissances de l’époque, les USA et l’URSS, et leurs associés respectifs ? Entre ces deux géants, aucune guerre directe n’a alors existé, mais de nombreux conflits, impliquant leurs États alliés, ont eu lieu. Aujourd’hui, la Russie fait feu de tout bois pour essayer de retrouver sa grandeur passée. Elle menace à ses frontières l’Ukraine, intervient dans de nombreux pays par le biais du Groupe Wagner, une force paramilitaire composée de mercenaires : au sein même déjà de l’Ukraine (Donbass, après l’annexion de la Crimée), en Syrie, en Libye, au Mali, en République centrafricaine… Les droits humains en font les frais, ces soldats mal contrôlés massacrent et tuent en toute discrétion. En politique extérieure, la Chine fait de plus en plus belliqueuse à l’égard de Taïwan, mais aussi en mer de Chine méridionale, et a créé une dépendance et une allégeance économique et financière d’une majeure partie des pays africains. Les États-Unis, pour contrer la Chine, ont créé un pacte de défense stratégique avec l’Australie et le Royaume-Uni (prénommé « Aukus »), et hausse le ton contre la Russie, notamment en ayant plus de considération pour l’OTAN, mis à mal par Donald Trump. L’avenir ne présage rien de bon. Violences à tout va en Afrique et au Moyen-Orient Les conflits locaux ont été et sont désormais légions. Interétatiques entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, mais aussi internes au sein d’une même pays. De très nombreux Etats d’Afrique sont le théâtre de déchaînements. Dans la région du Tigré en Ethiopie, l ‘ONU indiquait en novembre dernier « que les massacres, enlèvements, tortures, violences sexuelles, qui sont le quotidien des civils, pouvaient être qualifiés de possibles crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis par toutes les parties du conflit ». Dans la région du Tigré en Ethiopie, l ‘ONU indiquait en novembre dernier « que les massacres, enlèvements, tortures, violences sexuelles, qui sont le quotidien des civils, pouvaient être qualifiés de possibles crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis par toutes les parties du conflit » La liste des pays touchés par la violence est bien longue, souvent pour des luttes de pouvoir ou pour imposer l’islamisme radical : Libye, Somalie, Soudan, Niger, Mali, Nigeria, Guinée, République centrafricaine, Mozambique, République démocratique du Congo, Afrique du Sud… Le Proche et Moyen-Orient et sa périphérie ne pas en reste avec la guerre sans fin entre Israël et la Palestine, les guerres oubliées mais dévastatrices du Yémen et de la Syrie, les attentats en Irak, la répression brutale des femmes et des opposants en Afghanistan depuis la reprise du contrôle du pays aux Américains par les talibans le 15 août dernier. Renforcement des dictatures Le renforcement des dictatures met aussi à mal des droits humains. En cette matière, c’est un mouvement généralisé et de grande ampleur qui se fait sentir. Vladimir Poutine, le tsar de Russie, qui a signé en mai dernier une loi lui permettant de rester au pouvoir jusqu’en 2036, est de plus en plus impitoyable avec toute opposition. Alexandre Loukachenko, le dirigeant autoritaire de la Biélorussie, a été réélu à l’été 2020 à la suite d’un scrutin frauduleux, et a aussi depuis la main encore plus lourde. En Iran, l’ultra-conservateur Ebrahim Raïssi a remplacé le « modéré » Hassan Rohani à la présidence du pays en juin dernier. Rien de très rassurant. En Afghanistan, le terrifiant Émirat islamique est de retour, on l’a vu, après 20 ans d’absence. Et le nuage noir des régimes toujours plus oppressifs n’en finit pas de couvrir toute la planète. Et le nuage noir des régimes toujours plus oppressifs n’en finit pas de couvrir toute la planète. Le dictateur chinois Xi Jinping, président à vie depuis 2018, qui règne sur 1,4 milliard d’habitants, se montre de plus en plus agressif. En Birmanie, le 1er février dernier, la junte militaire reprend totalement le pouvoir par un coup d’État, et sa répression pourrait être qualifiée de « crimes contre l’humanité », explique l’ONU. Et puis, restent les pays qui sont depuis longtemps des dictatures : Corée du Nord, Kazakhstan, Vietnam, Arabie Saoudite, Syrie, Cuba et bien d’autres… Ce qui est inquiétant, c’est que dans un même mouvement, des démocraties ont été fragilisées l’an dernier, alors que ces régimes politiques sont le plus souvent des défenseurs des droits humains. Or, dans la plus puissante des démocraties jusqu’alors, les États-Unis, le Capitole, le siège du pouvoir législatif, a été entouré par des milliers de manifestants, puis envahi violemment le 6 janvier 2021 par des émeutiers partisans de Donald Trump, qui contestaient l’élection de Joe Biden à la présidence du pays, alors qu’aucune preuve de fraudes n’a jamais été avancée. Résultat : 5 morts et plus de 140 blessés. Le pays reste encore profondément coupé en deux, avec deux blocs qui se détestent, et le nouveau président a certes pu faire voter en novembre un plan d’investissements dans les infrastructures de 1200 milliards de dollars, mais n’a pas pu faire passer le programme de refonte du système de protection sociale et de lutte contre le réchauffement climatique, évalué à 1750 milliards de dollars, bloqué par un sénateur démocrate de la Virginie-Occidentale, Joe Manchin. Un coup dur pour des réformes progressistes. Fragilisation des démocraties La majorité démocrate est étroite au Sénat et à la Chambre des représentants, et pourrait être renversée lors des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain. L’ex-président Donald Trump reste en effet très puissant. La majorité démocrate est étroite au Sénat et à la Chambre des représentants, et pourrait être renversée lors des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain. L’ex-président Donald Trump reste en effet très puissant. Et la première économie du monde pourrait être alors conduite à l’immobilisme, mais surtout à l’accentuation des tensions internes. L’Europe, un autre grand bloc démocratique, est aussi affaiblie. L’Union Européenne (UE) a perdu le 1er janvier 2021 un de ses membres le plus puissant, le Royaume-Uni, et deux autres nations font preuve d’une dérive autoritaire, s’attaquant à certains droits fondamentaux. La Commission européenne a lancé fin décembre une procédure d’infraction contre la Pologne, à la suite d’arrêts de son tribunal constitutionnel contestant la primauté du droit européen. La commission estime que ce tribunal n’est pas indépendant et impartial. Déjà, l’UE avait engagé un bras de fer avec Varsovie à propos de réformes judiciaires accusées de saper l’indépendance des juges. La Hongrie de Viktor Orban est aussi visée sur les risques de corruption et la capacité de l’appareil judiciaire à lutter contre eux, mais aussi sur ces décisions en matière de droit d’asile et pour une loi accusée de porter atteinte aux droits des personnes LGBT. La haine propagée par les réseaux sociaux La parole rationnelle est discréditée, l’émotion, le ressentiment, prennent le dessus. Un autre fléau devenu particulièrement virulent (il a aidé à l’assaut du Capitole, à la campagne contre le vaccin du Covid-19… ) est la haine, la violence, la désinformation, le complotisme véhiculés par les réseaux sociaux, les médias extrémistes ou ceux qui diffusent la propagande des régimes autoritaires. Beaucoup de citoyens n’écoutent que ces canaux de communication, estimant que les médias traditionnels leur mentent. Ces réseaux sociaux s’attaquent à des minorités dites responsables de tous les maux, les Juifs, les musulmans, les noirs, les journalistes... Ces réseaux sont aussi vecteurs du radicalisme islamique, du suprémacisme blanc, des mouvements néo-nazis, de l’exaltation de la supériorité supposée d’une nation par rapport à une autre ... Ils prennent enfin à partie les scientifiques, les grands laboratoires pharmaceutiques soupçonnés de s’entendre forcément entre eux, les élites inévitablement arrogantes et méprisantes… La parole rationnelle est discréditée, l’émotion, le ressentiment, prennent le dessus. Les systèmes de modération des médias sociaux jouent souvent mal leur rôle de garde-fou. Internet, qui est un outil formidable, peut aussi s’avérer très dangereux. Le déni d’une catastrophe climatique Dernier grand fléau, la crise environnementale. Les catastrophes climatiques exceptionnelles de l’an dernier ont aussi bien montré que la prise de conscience des ravages du réchauffement climatique et de la pollution n’était pas rentrée dans les esprits. Et que le rapport très alarmiste du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) du mois d’août dernier n’avait pas entraîner des mesures radicales à l’issue de la COP 26, la grand-messe où se sont réunis en novembre les dirigeants de la planète. La rivalité et la méfiance grandissante entre les États sont passés par là. « Notre planète fragile ne tient qu’à un fil. Nous sommes toujours au bord d’une catastrophe climatique. Il est temps de passer en mode urgent », a déclaré, à l’issue du sommet, Antonio Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies. Mais la réduction rapide, profonde et soutenue des émissions de gaz à effet de serre n’est pas à l’ordre du jour. Bien au contraire. L’augmentation de la production de pétrole, de gaz, et de charbon se poursuit sans scrupule, l’appât du gain et le refus de changer de mode de production et consommation l’emportant sur tout le reste. Le grand déni continue année après année. L’augmentation de la production de pétrole, de gaz, et de charbon se poursuit sans scrupule, l’appât du gain et le refus de changer de mode de production et consommation l’emportant sur tout le reste. L’augmentation de la pauvreté et des vagues migratoires Une des conséquences de ce grand basculement est l’augmentation de la pauvreté, de la faim, des inégalités entre le Nord et la Sud. « Plus d’un demi-milliard de personnes sont plongées dans l’extrême pauvreté en raison des coûts des soins de santé, qu’elles doivent payer de leur propre poche », expliquait en décembre l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale. La pandémie a perturbé les systèmes de santé et a déclenché la pire crise économique depuis 1930. « Plus de 45 millions de personnes sont à la limite de la famine dans le monde », avertissait aussi en novembre dernier le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies. L’Afghanistan, le Yémen, la Syrie, l’Éthiopie, la Somalie, l’Angola, le Kenya, le Burundi, Haïti, sont touchés. Les vagues migratoires et leurs lots de catastrophes n’ont pas cessé en 2021, en Europe et aux Etats-Unis. Selon l’ONG Caminando Fronteras, plus de 4400 migrants sont morts ou ont disparus en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2021, soit deux fois plus qu’en 2020. Les vagues migratoires et leurs lots de catastrophes n’ont pas cessé en 2021, en Europe et aux États-Unis. Selon l’ONG Caminando Fronteras, plus de 4400 migrants sont morts ou ont disparus en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2021, soit deux fois plus qu’en 2020. Des migrants nombreux tentent leur chance de la Libye, qui les accueille brutalement, mais de nombreux naufrages sont aussi à déplorer. En Europe de l’Est, Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a aussi fait venir du Moyen-Orient des milliers de migrants par avion, pour les masser à la frontière polonaise, et mettre sous tension l’Union Européenne, et se venger ainsi des sanctions occidentales, liées à son élection frauduleuse. Une partie des migrants a regagné la Biélorussie, et devrait être rapatrié dans leurs pays, mais pas tous. Fin novembre, le naufrage et la mort de 27 migrants essayant de rejoindre le Royaume-Uni lors de la traversée du détroit du Pas-de-Calais avait fait la une de l’actualité. Aux États-Unis, entre octobre 2020 et août 2021, le pays a interpellé 1,5 million de personnes à la frontière avec le Mexique, les migrants venant d’Amérique centrale fuyant la grande misère et les conflits, selon « Le Monde » du 24 septembre 2021. Un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 20 ans ! Le plafond historiquement bas d’accueil de réfugiés décidé par Donald Trump (15000 personnes) a été relevé à 62500 en 2021 par Joe Biden, et sera doublé en 2022. Mais cela reste une goutte d’eau face à l’ampleur du drame. Plus généralement, au niveau planétaire, plus de 84 millions de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers en 2021 , déplacées de force souvent dans leurs propres pays, selon des chiffres fournis en novembre par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Un chiffre en augmentation par rapport à 2020 et 2019, qui étaient toutes deux des années record en termes de nombre de personnes déplacées de force dans le monde. Les atteintes aux droits des enfants et des femmes « 100 millions d’enfants supplémentaires vivent désormais dans la pauvreté multidimensionnelle, à cause de la pandémie, une augmentation de 10% depuis 2019 (...) Avant la pandémie, 1 milliard d’enfants souffraient au moins d’une privation grave ». Autre conséquence du grand basculement, les atteintes aux droits des enfants, des femmes et des minorités. « La Covid-19 est la plus grande crise mondiale en 75 ans d’histoire de l’UNICEF », déclarait le 10 décembre 2021 le Fonds des Nations unies pour l’enfance. L’agence indiquait alors que l’on estime que « 100 millions d’enfants supplémentaires vivent désormais dans la pauvreté multidimensionnelle, à cause de la pandémie, une augmentation de 10% depuis 2019 ». Et d’ajouter : « Avant la pandémie, 1 milliard d’enfants souffraient au moins d’une privation grave ». Dans le monde, les filles et les femmes ont connu une régression de leurs droits l’an dernier. L’exemple le plus criant est celui de l’Afghanistan, où, depuis l’arrivée des talibans, il leur est quasiment interdit de travailler, de faire du sport ou d’aller à l’école secondaire. Mais les interdictions ne s’arrêtent pas là. Le ministère pour la Promotion de la vertu et la Prévention du vice, déjà très redouté pendant le premier régime taliban (1996-2001), formule toujours plus d’interdictions : les femmes ne peuvent ainsi pas se retrouver dans l’espace public sans la présence d’un tuteur masculin ; celles désirant voyager doivent être accompagnées par un homme de leur famille proche ; les commerçants doivent décapiter leurs mannequins en plastique (!)… Les atteintes à la liberté d’expression Pour finir cette longue liste d’abus, il ne faut pas oublier les grandes atteintes à la liberté d’expression, symbolisées par l’emprisonnement en début d’année dernière d’Alexeï Navalny, le grand opposant à Vladimir Poutine en Russie, après une tentative d’empoisonnement à l’été 2020. Depuis, il croupit dans une colonie pénitentiaire, subissant un régime très dur pour des fautes fabriquées de toutes pièces. Par ailleurs, la Cour suprême russe, à la solde du pouvoir, vient de dissoudre l’ONG Memorial, la plus connue des associations de défense des droits de l’homme, gardienne de la mémoire des victimes de la terreur stalinienne, mais aussi recensant les répressions actuelles. La Cour suprême russe, à la solde du pouvoir, vient de dissoudre l’ONG Memorial, la plus connue des associations de défense des droits de l’homme, gardienne de la mémoire des victimes de la terreur stalinienne, mais aussi recensant les répressions actuelles. La Chine continue sa politique de répression de la liberté d’expression, en enfermant dans des camps de rééducation jusqu’à 1 millions de musulmans ouïghours et kazakhs (selon les estimations) dans la province du Xinjiang , au nord-ouest du pays. Les habitants de Hong Kong et de sa région perdent aussi peu à peu toute possibilité de s’exprimer librement, depuis la loi sur la « sécurité nationale » de juin 2020 et les élections législatives de décembre 2021, dont l’opposition a été écartée. Autre scandale en date, la championne de tennis chinoise Peng Shuai, qui avait allégué avoir été violée par un haut dirigeant du pays, après avoir disparu un temps, ne semble plus depuis pouvoir communiquer librement. Le président de l’association des joueuses de tennis (WTA) a annoncé début décembre la suspension des tournois en Chine. Les droits humains, une conquête de tous les jours Ce tableau très noir ne prend pas en compte la mobilisation des citoyens et des citoyennes, des associations, des ONG, des institutions … qui font un très gros travail pour alléger la souffrance de millions de personnes. Mais la régression des droits humains est tellement forte qu’il faudrait des moyens beaucoup plus puissants pour la contrer. Pour cette raison, toutes initiatives, même petites, en faveur du respect de la dignité de la personne, sont à saluer. Comme le disait Audrey Azoulay, la directrice générale de l’UNESCO, le 10 décembre 2020, « souvenons-nous que les droits de l’homme ne sont pas un acquis de toujours, mais une conquête de tous les jours, pour laquelle il faut, aujourd’hui et demain, nous mobiliser ». Souvenons-nous que les droits de l’homme ne sont pas un acquis de toujours, mais une conquête de tous les jours, pour laquelle il faut, aujourd’hui et demain, nous mobiliser.
- Un vœu pour 2022 : agir pour ne pas se laisser gagner par la peur
Les dernières nouvelles ne sont pas bonnes. D'ailleurs, le sont-elles jamais ? Avec les atteintes aux droits de plus en plus graves, régulières et quotidiennes, avec les dernières mesures liées à la crise sanitaire que nous traversons, les mesures de jauge, de télétravail imposé (certes pour la bonne cause ...), les tentations du repli sur soi, du défaitisme et de la peur qui paralysent n'ont jamais été aussi grandes. Qu'attendre de l'avenir, quand le présent fait aussi grise mine ? Que mettre en place ou en route alors que la plupart des gens finissent à avoir peur de tout ? Quelles bonnes résolutions sont encore imaginables et possibles ? Comment rester motivé malgré tout ? Les tentations du repli sur soi, du défaitisme et de la peur qui paralysent n'ont jamais été aussi grandes. Pour se donner du cœur à l'ouvrage, pour continuer de se mobiliser malgré tout, il est parfois utile d'écouter les voix de personnes ayant traversé, avant nous, des épreuves parfois plus graves encore, et qui ont pourtant choisi de ne pas baisser les bras ; une voix comme celle de Germaine Tillion, par exemple, résistante, femme de lettres et ethnologue française, née en 1907 et morte en 2008, membre active de la Résistance pendant la Seconde guerre mondiale, avant d'être capturée et déportée au camp de Ravensbrück en octobre 1943 puis de se battre sans relâche contre les injustices et en faveur des droits humains, plusieurs fois décorée pour ses actes héroïques, et entrée au Panthéon le 27 mai 2015, en même temps que Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette. En 1964, interviewée dans le cadre de l'émission Cinq colonnes à la une, cette femme hors du commun partageait, avec un mélange de pudeur et de détermination, sa définition de la peur : "la peur est un sentiment qui vous atteint que lorsqu'il n'y a plus d'action possible. L'action efface la peur." "La peur est un sentiment qui vous atteint que lorsqu'il n'y a plus d'action possible. L'action efface la peur." Germaine Tillion Chez Humains en action, nous avons la conviction profonde que l'action est la seule voie possible afin de ne pas rester passif face aux évènements. Alors pour 2022, au-delà des vœux de bonne santé, de bonheur et de prospérité habituels, nous vous souhaitons surtout de ne pas vous laisser gagner par la peur et d'agir dès que cela vous est possible pour vous même et pour chaque personne qui en a besoin, de près ou de loin. Portez-vous bien ! Agissons bien ! Michelle Jean-Baptiste Présidente de l'Association Humains en action












