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  • Le coming out de nos jours: nécessité ou tradition ?

    C’est à la fin du XIXe siècle que l’idée du coming out fait son apparition. Sous l’impulsion de Karl Heinrich Ulrichs, défenseur allemand des droits des homosexuels, les témoignages de personnes concernées vont se multiplier sur les décennies à venir, bien que très peu osent prendre la parole. Le défenseur des droits légitime le coming out par le fait de devoir rendre officiel l’existence de personnes homosexuelles afin de sortir de l’ombre. Effectivement, l’invisibilité de la chose était un obstacle majeur à ce que l’opinion public puisse changer face à ce sujet. À ce jour, la place des personnes LGBTQIA+ a bien changé. Si de nettes améliorations sont en effet visibles, il demeure que l’homophobie récupère peu à peu de l’espace en France (et dans plusieurs pays du monde). La représentation des personnes queer (voir notre article portant sur le mot QUEER) a su évoluer de manière exponentielle au cours de ces deux dernières décennies, et a fait un bond vertigineux sur les quelques années passées. Au travers des émissions de divertissement sur les chaînes publiques ainsi que (et majoritairement) des séries Netflix mettant en avant des protagonistes ouvertement homosexuels, ont permis la démocratisation sur cette orientation sexuelle jusqu’alors jugée comme étant « déviante ». Cette pratique a permis d’éveiller un large public aux souffrances que peuvent subir cette communauté via la lgbtphobie (aussi connue sous le terme d’homophobie) quotidienne, mais paradoxalement, elle a aussi permis la montée d’un nouveau complot : celui de la croyance du lobby LGBT. Le lobby LGBT, à en croire la manière dont ils le définissent, semblerait chercher à « convertir » la population à l’homosexualité (nous vous invitons à aller lire notre article portant sur le LOBBY LGBT). De nos jours, certains de la communauté homosexuelle ne souhaitent plus avoir à devoir passer par l’étape du coming out. Enfin visibles et reconnus dans cette société, l’utilité première du coming out est révolue. Ce procédé anciennement libérateur se trouve aujourd’hui à avoir un rôle inverse : les personnes ayant à faire leur coming out se sentent enfermées dans cette image où leur orientation sexuelle semble les définir. Il faut garder à l’esprit qu’il y a autant de façons de faire un coming out qu’il y a de personnes le faisant, et de personnes à qui il s’adresse. Aussi, si le coming out appartient à celui qui souhaite le faire ou non, il ne faut pas oublier le vice se cachant dans le principe de outé (= rendre publique l’homosexualité d’une personne sans son consentement ou sans lui demander la permission) une personne jusqu’alors simplement in (= personne se sachant homosexuelle mais ne l’ayant pas ouvertement dit). Nous recevons le témoignage d’Antoine* (son prénom a été modifié) afin d’en apprendre davantage sur le vécu d’un coming out. « Le coming out pour moi a toujours été quelque chose de compliqué. Qu’importe ce que les détracteurs peuvent dire, l’homosexualité est tout sauf un choix. Vous savez, on croit souvent que le plus compliqué est d’assumer le regard des autres sur nous, mais en fin de compte, du moins pour ma part, ça a d’abord été d’assumer mon propre regard sur moi-même. Je me posais des questions qui n’avaient aucun sens. Je portais des conclusions sans réfléchir. Je me souviens mettre dit « tu ne peux pas être gay, tu veux fonder une famille », comme si c’était antinomique. Vous savez, on vous éduque avec une vision très hétéronormée (qui inclut des objectifs de vie autour de l’hétérosexualité, être en couple avec une femme quand on est un homme) et le simple fait d’adopter une pensée qui diverge totalement de tout ce qu’on vous a appris, fait de vous votre ennemi numéro 1. Je me suis rendu compte de mon homosexualité peu de temps après mes 16 ans. Quand je dis que je m’en suis rendu compte, bien évidemment j’ai toujours eu des doutes auparavant, mais je me suis réellement permis d’être moi-même avec…moi-même à compter de ce moment. J’ai profité de partir 1 mois de chez ma maman pour lui annoncer par SMS. Vous savez, c’est toujours à la personne à qui vous tenez le plus, que la simple idée de pouvoir la décevoir vous tue. Ça a été le cas pour moi ce soir là, où j’ai vécu ma première crise d’angoisse et où je me suis vu devoir m’excuser pour qui j’étais, quitte à légitimer son abandon. « Je comprendrai si tu veux couper les ponts dorénavant », lui avais-je écrit. On active le mode avion, on se met en boule dans le coin de la pièce où on se trouve et on ne dort pas de la nuit. Jusqu’au petit matin où on se rend compte que cette personne nous a répondu, par chance de mon côté il s’agissait d’un message positif. Je souhaite appuyer sur le fait qu’il s’agisse réellement d’une chance, car beaucoup de mes frères et soeurs n’ont malheureusement pas ce privilège et se retrouvent bien souvent à la rue, sans aucune solution à porter de main. À la rue pour être qui ils et elles sont, sans avoir rien demandé à qui que ce soit. 6 mois plus tard, lors d’une discussion en vélo avec mon père, je lui fais une annonce bien moins scénarisée qu’à ma mère où je lui annonce être gay. Qu’on le veuille ou non, le coming out reste un acte politique. À travers mon discours, j’attendais une réaction nulle de sa part. Je me disais « toi qui as toujours été con, sois le une fois de plus ». Et contre toute attente, sa réaction a été sage et tendre. Spoil alert : ça n’a pas duré, j’ai appris quelque temps plus tard qu’il passait ses soirs à pleurer en disant « mon fils est pédé, que c’est dur », suivi d’un tas de phrases à caractère homophobe. Spoil alert n°2 : le terme pédé est homophobe. Mais il s’agit d’un débat parallèle sur lequel on arrivera à obtenir gain de cause, j’y crois. À la suite de ces évènements, j’ai été amené à subir le fait d’être outé. Pour vous la faire schématiquement, c’est comme si on vous prenait quelque chose qui n’appartient qu’à vous, et qu’on le dévoilait à qui veut l’entendre. Les gens aiment penser qu’il s’agit là d’un acte anodin. « Ça va, on pensait bien faire ! », oh que je l’ai entendue trop de fois, cette phrase. Je ne vous ai rien demandés, je vous en prie, restez à votre place. De ce fait, ma belle-mère a annoncé à ma grand-mère mon homosexualité, et quelques années plus tard, mon frère l’a déclaré à l’autre partie de la famille. Révélation banale ou geste violent, lequel choisiriez-vous ? Je vais vous le dire, il s’agit d’un geste violent : je souhaitais garder le secret auprès de mes grands-parents car ils sont d’une époque bien antérieure à celle que nous vivons. Je n’avais pas envie de créer une discorde de plus dans cette famille, qui n’en avait certainement pas besoin ! Les gens ne se rendent pas compte à partir du moment où ça ne les impacte pas directement. Rendre quelqu’un out sans son consentement peut se révéler dangereux, nous ne sommes jamais à l’abris d’une mauvaise réaction suite à ce genre d’annonce. Dans mon cas présent, mes grands-parents auraient juste pu arrêter de me parler, sans grande conséquence physique. Mais selon les personnes, ils peuvent adopter des comportements violents envers la personne qui se fait outé. Je suis d’avis à dire que toute personne n’ayant pas à réaliser de coming out ne pourra jamais savoir ce que ça fait. On se sent « rabaissé » à notre orientation sexuelle, alors que nous sommes tellement plus ! Nous parlons souvent d’égalité et que le monde actuel accepte totalement l’homosexualité, voire qu’il n’y a plus aucune différence entre les homos et les hétéros. C’est faux. Le jour où nous n’aurons plus ce devoir de déclarer à des gens à qui nous ne devons rien qui nous sommes simplement au travers d’avec qui nous couchons, seulement là nous aurons passé une étape. Aussi, j’aimerais juste porter à la connaissance de toutes et tous, un coming out n’est en rien un passage obligatoire, faites-le si vous en ressentez le besoin et abstenez-vous si vous n’en avez pas envie. Seul vous êtes maître de votre destin. En ce mois des fiertés, nous restons fort.es, nous restons soudé.es, et surtout nous restons fier.es. »

  • Aux origines du mois des fiertés : les émeutes de Stonewall

    Le mois du juin est l’occasion de célébrer dans plusieurs pays du monde le combat pour les droits LGBTQIA+. D’abord limité aux Pride et aux Marches des fiertés - manifestations destinées à revendiquer la liberté et l’égalité des orientations sexuelles et des identités de genre - , l’événement s’est progressivement étendu à tout le mois de juin. Mouvement venu des États-Unis, Bill Clinton est le premier président a déclaré officiellement le mois de juin comme étant le mois des fiertés en 1999. Aux origines de cet évènement : les émeutes de Stonewall. Pour comprendre l’origine de ces Marches et plus largement le mois des fiertés, il faut remonter une cinquantaine d’années en arrière. Direction la ville de New York, dans la nuit du 27 au 28 mai 1969. À cette époque, l’homosexualité est pénalisée et les bars ne sont pas autorisés à servir des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles ou transgenres, à l’exception de certains bars tenus par la mafia qui contourne la loi grâce à la corruption. La majorité d’entre eux sont obligés de mener une double vie. Dans la « Big Apple », certains trouvent refuge dans les bars gays et lesbiens de Christopher Street, artère principale de Greenwich Village. Ces lieux constituent leurs seuls points de rencontres, mais les descentes de police sont fréquentes. Les drag Queen sont systématiquement contrôlées et embarquées. Lors de l’année 1969 ont lieu les élections municipales, le maire démocrate sortant, John Lindsay, veut prouver qu’il lutte contre la criminalité et ordonne des raids dans les bars de Greenwich Village. Le soir du 27 mai, la police décide de faire une descente dans le Stonewall Inn, club clandestin privé et insalubre. La confrontation commence à dégénérer et des clients sont battus violement à même le sol et arrêtés de façon arbitraire. Mais c’est la fois de trop et ils décident de ne pas se laisser faire. Ils commencent à protester en lançant des projectiles sur la police. Dans la rue, quatre cent personnes s’agglutinent devant le Stonewall Inn, parmi elles, habitants du quartier, drag queen, homosexuels et activistes. La foule se déchaîne, jets de pierres, pièces, bouteilles en verre, c’est une révolution. Les forces de l’ordre perdent la maîtrise de la situation et sont obligées de battre en retraite à l’intérieur du bar. Le raid conduit à trois nuits de protestations et de confrontations dans les rues de Christopher Street. Stonewall Inn devient alors un symbole de l'affirmation de la cause homosexuelle et de leur résistance face aux abus qu'ils subissent. Un an jour pour jour après les émeutes de Stonewall, acte de naissance du mouvement LGBT américain, 2000 manifestants défilent pour la Christopher Street Gay liberation day parade, ancêtre des Pride. Ils marchent de Greenwich Village jusqu’à Central Park, affichant les slogans « Gay is good », « Je suis ton pire cauchemar et ton plus beau fantasme » ou encore « Sortons du placard ». La révolte s’accompagne d’une politisation du mouvement. Il voit la création d’organisations de défense des droits homosexuels comme le Gay Liberation Front présidé par Craig Rodwell, organisateur de cette première Marche des fiertés. Presque cinquante ans plus tard, en 2016, le président Barack Obama désigne le site des émeutes comme monument national en reconnaissance de la contribution de ces événements aux droits des homosexuels. La mairie de Paris a quant à elle inauguré en 2019 la Place des émeutes de Stonewall au sein du quartier du Marais. Article écrit par Cannelle Louisy-Gabriel

  • Des nouvelles des gagnants du Prix Humains en action !

    Comme vous le savez, l'association Cartons Gratuits a remporté, l'année dernière, la première édition "étudiants et jeunes actifs" du Prix Humains en action avec son projet solidaire de plateforme écologique pour récupérer gratuitement des cartons à proximité de chez soi auprès de commerçants locaux. Depuis, Cartons Gratuits continue de mener ses actions. Des actions relayées par les médias, notamment sur BFM Lyon. Humains en action se réjouit que Cartons Gratuits poursuive sa lancée pour developper son projet écologique, social et solidaire. Pour voir le reportage vidéo de BFM TV Lyon c'est ici.

  • Bonne fête des pères 2023

    Toute l'équipe Humains en action souhaite une belle fête à tous les papas. Elle aura lieu, demain, dimanche 18 juin 2023. L'occasion de rappeler que les parents ont des droits et des devoirs à égalité dans l'éducation et la responsabilité de leurs enfants.

  • Le mois des fiertés

    À l'occasion du mois des fiertés, nous avons réalisé ce micro-trottoir pour avoir le ressenti du public en ce qui concerne les droits des LGBTQ+. Humains en action est part ie à votre rencontre !

  • 2ème édition du Prix Humains en action : c'est reparti !

    Lancé en pleine période Covid, le Prix Humains en action qui récompense les jeunes qui se bougent, jusqu'à 30 ans, en faveur des droits humains et de l'entrepreneuriat solidaire ou à impact réellement positif, revient en 2023 pour sa deuxième édition. Vous avez jusqu'au 20 novembre à 23h59 pour envoyer votre candidature. pour tout savoir, c'est ici : https://www.humainsenaction.org/prix-humains-en-action

  • Journée mondiale des parents : focus sur les placements abusifs

    1er juin 2023. Aujourd’hui, c’est la journée mondiale des parents. L’occasion pour Humains en action de rappeler que la Convention européenne des droits de l'homme protège le droit au respect de la vie familiale. Ce droit comprend le droit des parents d'avoir la garde de leurs enfants et de rester en contact avec eux, et le droit des enfants d'être avec leurs parents. Une pensée particulière pour tous les parents qui ont été injustement séparés de leurs enfants, dans le cadre de placements abusifs ; ces situations où des enfants sont retirés à leur famille, parfois en quelques heures, parce que des services sociaux les ont considéré « en danger » et qu'un juge a décidé de leur placement en se fondant sur un rapport social peu étayé, le tout sans que la famille n’ait pu être entendue dans de bonnes conditions. Parmi les cas de placements abusifs, on peut parler de ceux consécutifs à des lettres vengeresses invoquant des manquements inventés, et envoyées par l’un des parents pour blesser l’ex conjoint en le privant de ses enfants. Le principe de précaution au bénéfice de l’enfant doit toujours prévaloir, mais il faut aussi s’assurer qu’il n’y ait pas d’abus « dans l’autre sens ». Pour en savoir plus sur ce sujet Humains en action vous recommande la lecture du livre de Jeanne Leandry « Enfants placés Enfants sacrifiés Ça suffit » paru aux éditions Michalon.

  • 10 mai 2023 : abolition de l’esclavage et travail de mémoire

    Longtemps considérée comme une affaire essentiellement ultramarine, la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition marque la volonté de la France de reconnaître cette part de son histoire. L’enjeu est complexe : réconcilier la France avec son passé esclavagiste. Décidé en 2006 à la demande du Comité pour la mémoire de l’esclavage, le 10 mai est l’anniversaire de l’adoption à l’unanimité par le Sénat de la loi dite « Taubira ». Elle reconnait la traite et l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Ce jour marque le début du mois des mémoires qui prend fin le 23 mai. Date référence de la « marche silencieuse » de 1998, où des voix principalement issues de la diaspora des Antilles se sont élevées dans les rues de Paris en hommage aux ancêtres victimes de l’esclavage à l’occasion du 150ème anniversaire de son abolition. Un long combat pour la reconnaissance Cette reconnaissance des mémoires de l’esclavage a été le fruit d’un long combat. Dès son abolition en 1848, la question de l’esclavage est très vite éludée en Hexagone. Interdit sur le sol métropolitain, et présent uniquement dans « les îles à sucres », la mémoire de la servitude paraît lointaine, séparée par des milliers de kilomètres. Mais ce n’est pas seulement la distance qui l’a effacée des manuels d’histoire, c’est aussi une œuvre politique, celle de la IIIème République et du roman national. Il met en avant la mission civilisatrice de la colonisation et la figure des abolitionnistes telle que celle du député Victor Schoelcher. Ce façonnage historique occulte le passé esclavagiste français au détriment des victimes et des figures de résistances noires anti-esclavagistes. Jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, la servitude est absente du débat public. Peu à peu, dans les Antilles, les mémoires s’éveillent. Les années 70-80 voient la naissance de revendications venues des milieux étudiants, syndicaux mais aussi littéraires avec le courant de la « créolité ». Cette parole finit par se faire entendre en Hexagone et va de pair avec un courant de reconnaissance mémorielle qui s’étend à une échelle globale. À la fin du XXème siècle, on estime que la grandeur d’un pays consiste à affronter son passé. "Lutter contre l'ignorance et l'oubli" En 2001, avec la loi Taubira, du nom de Christiane Taubira, alors députée de Guyane à l’instigation du projet de loi, la France devient la première nation du monde à inscrire officiellement l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Cinq ans plus tard, le gouvernement de l’époque décide de faire du 10 mai, une journée de commémoration nationale. Lors de son discours historique devant l’Élysée, le Président de l’époque Jacques Chirac, met en avant la responsabilité de l’État dans « cette abomination perpétrée, pendant plusieurs siècles, par les Européens ». Mais l’objectif affiché n’est pas simplement de revenir sur le passé, mais bel et bien d’avancer. De « lutter contre l’ignorance, contre l’oubli », vecteurs de certaines discriminations persistantes : « les discriminations font perdre la foi républicaine à ceux qui en sont victimes. Les discriminations, le racisme, c'est la négation de tout ce que nous sommes, de tout ce que nous avons construit, de tout ce qui nous fait vivre en tant que Nation. » Cette reconnaissance met fin à un long déni et s’inscrit dans une volonté de prise en compte de toutes les mémoires dans une dynamique de mise en avant de la diversité. Réconcilier les mémoires À l’heure actuelle, la France continue d’essayer de réconcilier ses mémoires, et notamment celles de la colonisation. Certaines semblent irréconciliables. Partout dans le monde, des voix s’indignent, des liens se brisent et d’autres se réparent. Certains s’offusquent de voir leurs mémoires niées et des passages de l’histoire occultés. C’est le cas des familles des victimes de la fusillade de 1984 à Waan Yaat, en Nouvelle-Calédonie, dont les auteurs n’ont jamais été condamné par la justice française. Des descendants des travailleurs asiatiques engagées dans les colonies, employés dans des conditions proches de l’esclavage. Des contaminés des essais nucléaires en Polynésie française de 1975 à 1996. Ou bien des empoisonnés au chlordécone dans les Antilles, dont l’État a accordé un non-lieu en début d’année. Autant de traces qui continuent d’être inscrites sur les hommes et la terre. Cependant, il parait parfois difficile de ne pas tomber dans la concurrence mémorielle et la repentance. La question reste entière : quelle place accorder à ce passé dans notre présent ?

  • 1er mai 2023 : journée internationale des travailleurs sur fond de crise sociale

    En ce lundi 1er mai, l’association Humains en Action célèbre la journée internationale des travailleurs. Journée marquante dans de nombreux pays, la fête du travail est l’occasion, pour le plus grand nombre, de se rassembler et de commémorer la création et l’avancée des droits sociaux grâce aux réalisations historiques des mouvements ouvriers. Ce jour, traditionnellement férié, donne aussi l’opportunité d’exprimer publiquement ses attentes en matière de conditions de travail et de revendiquer de nouveaux droits en défilant dans les rues. Mais cette année, le 1er mai s’annonce un peu plus « bousculé » qu’à l’habitude, car il s’inscrit sur fond d’une crise économique, politique et sociale majeure, à quelques semaines en prime de la mise en œuvre houleuse d’une réforme des retraites très mal acceptée par une grande partie de la population (93% des personnes actives interrogées n’étant pas favorables à une loi votée en utilisant le 49-3, fut-elle validée en grande partie par le Conseil constitutionnel) ; le tout dans un contexte géopolitique international inquiétant qu’il ne faut pas oublier, car la guerre est aux portes de l’Europe et les extrémistes de tout poil prennent des forces et de l’ascendant. Les syndicats appellent donc à une manifestation et à une mobilisation qui dépassent la simple commémoration annuelle et festive. Même si en France, le 1er mai est aussi le moment où, dès le matin, partout dans les rues, peut s’effectuer la vente libre de brins de muguet par tout citoyen qui le souhaite ; le cœur risque d’être un peu moins à la fête cette année. Au programme des revendications de la mobilisation du 1er mai : dénonciation de la réforme votée des retraites ; dissolution de l’unité spéciale dite la BRAV-M ; inquiétude liée à la baisse du pouvoir d’achat, à l’inflation galopante et à l’augmentation préoccupante du nombre de faillite (+46%) ; débats musclés autour de la perte de vitesse des démocraties. À l’heure où l’ONU et les pays voisins s’inquiètent de violences policières infligées aux manifestants, comment va se dérouler cette journée emblématique ? Les petites clochettes blanches très odorantes du muguet qui symbolisent le printemps, le renouveau et l’espoir et qui sont en effet offertes le 1er mai comme porte-bonheur, suffiront-elles à calmer le jeu ? Cette pratique qui remonte au XVIe siècle, vient du roi Charles IX qui popularisa ce geste en offrant des fleurs de muguet à sa cour lors de la fête de l’amour, alors célébrée le 1er mai. L’amour ; on en aurait bien besoin par les temps qui courent. Est-il fou d’espérer un peu plus de ce sentiment sur la planète sans passer pour un ou une illuminée ? Chez Humains en action, nous croyons aux actions fortes en faveur des droits, muées par le bon sens et la raison, mais aussi par la bienveillance (à défaut d’amour) pour ses congénères. Alors, manifester : oui. Mais, casser : non. Gouverner : oui. Mais, avec écoute et respect du peuple qui est et doit rester souverain. Une chose est sûre : toute l’équipe d’Humains en action vous souhaite un bon 1er mai. Profitez bien de ce jour férié pour apprécier et préserver les droits sociaux, car ils ne sont jamais acquis.

  • Dernier dimanche d’avril : mémoire et résistance !

    Le dernier dimanche d'avril est chaque année dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d'extermination nazis lors la seconde guerre mondiale. Cette année, elle a lieu le 30 avril. Cette date a été retenue en raison de sa proximité avec la date anniversaire de la libération de la plupart des camps, et parce qu'elle ne coïncidait avec aucune autre célébration religieuse ou nationale. À cette occasion, notre association Humains en action a souhaité donner la parole à Gisèle Provost, enseignante à la retraite, femme engagée, fille de déporté et autrice du livre Mémoire gravée - Pierre Provost, Buchenwald 1944-1945. Une interview passionnante pour revenir sur cette histoire terrible pas si lointaine, et pour comprendre les ressorts qui font que des êtres humains sauront trouver (ou pas) la capacité et la force de résister. Pour écouter l'interview: c'est ici La déportation, c'est-à-dire le fait de déplacer de manière forcée des personnes, de les transférer, de les obliger à s'installer ailleurs (dans une région ou un pays éloigné de leur domicile) et/ou de les interner dans un camp de concentration, n'appartient pas qu'à la seconde guerre mondiale. Des actes de déportation ont déjà été perpétrés dans le passé et continuent de l'être encore aujourd'hui. Dans le passé, il y eut : la déportation des Juifs de Judée par les Romains ; des Moresques d'Espagne au XVIIe siècle ; de près de 30 millions de Noirs africains vers les états musulmans d'Afrique du Nordet du moyen-orient (traite orientale) et vers des colonies européennes (traite des noirs) aux XVIIe et XIXe siècles ; des tribus amérindiennes dans des réserves indiennes organisées durant la conquête de l'ouest ; des Aborigènes de Tasmanie survivants de la Black War à Flinders Island au XIXe siècle ; de plus de centaine de milliers de communards de la ville de Paris exilés ou déportés en Nouvelle-Calédonie ou en Guyane ; de plus de 100 000 Alsaciens et Lorrains germanophones vers l'Allemagne après le traité de Versailles en 1919 ; de plus d'un million d'Allemands des anciens territoires allemands (re)devenus lituaniens, danois, français, polonais ; des citoyens soviétiques au Goulag sur près d'un demi- siècle de 1918 à 1968 ... et la liste est loin d'être exhaustive. Aujourd'hui, en 2023, le phénomène de déportation continue, comme si les hommes n'avaient rien retenu de leur histoire : en Chine, avec les camps de rééducation où un million de personnes (des Kazakhs et des Ouïghours) sont détenus, forcés à travailler, torturés, violés ; en Ukraine où des enfants ont été déportés massivement, par dizaine de milliers, par différents biais et méthodes, vers la fédération de Russie depuis les zones occupées par l’armée russe. De l'importance de ne jamais cesser de faire un travail de mémoire et de témoignage, afin que les victimes n'aient pas à subir la double peine : celle des violences morales et physiques subies en déportation, et celle de l'indifférence et de l'oubli.

  • Florence Battut et Philippe Rudman : le jardin au cœur

    Pour clôturer cette semaine consacrée à la terre, dans le prolongement de la Journée internationale qui lui était dédiée, notre association Humains en action a décidé de mettre en lumière deux belles personnalités très investies dans le jardinage, la culture du potager et les liens humains que l'on peut y associer. Deux belles personnalités très investies dans le jardinage, la culture du potager et les liens humains que l'on peut y associer. Florence Battut a créée en 2016 Le jardin d'Amélie, une association qui : - démocratise la pratique du compostage pour réduire nos déchets ; - propose un espace de bien-être pour partager un moment au jardin ; - expérimente la permaculture et sensibilise le public aux bienfaits de l'alimentation saine et du végétal ; - anime le potager du Dauphin à Meudon avec des évènements festifs et pédagogiques sur le développement durable et les enjeux environnementaux. Le jardin d'Amélie donne rendez-vous au grand public tous les mercredis après-midi au Potager du Dauphin - 15 rue Porto-Riche - 92190 MEUDON Philippe Rudman a créée en pleine crise Covid Les carottes sauvages, une entreprise solidaire qui : - accompagne les maisons de retraite, les écoles et les mairies dans tous leurs projets de jardins potagers, avec des techniques inspirées de l'éco-culture et de la permaculture (imiter la Nature, favoriser la biodiversité...) ; ​- anime des ateliers dont l’objectif est de permettre aux résidents des maison de retraite, aux élèves des écoles ou encore à des habitants de communes de passer un moment convivial en découvrant de nouveaux sujets et de nouvelles techniques. Ces ateliers sont une combinaison entre théorie et pratique et le thème pourra être défini avec le client, en prenant en compte la saisonnalité. Les Carottes Sauvages intervient principalement en région parisienne. Plusieurs projets sont en cours actuellement. Pour en savoir plus sur ces deux personnalités aussi engagées qu'attachantes, vous pouvez : - écouter le podcast spécial Journée de la terre d'Humains en action diffusé sur Globe Radio : c'est ici dès le début du podcast pour écouter l'interview de Florence Battut à33.22 pour écouter l'interview de Philippe Rudman - vous rendre sur leur site web : https://lejardindamelie.wixsite.com/lejardindamelie https://www.carottessauvages.fr/

  • Journée internationale de la Terre

    L'association Humains en Action célèbre la journée internationale de la Terre nourricière en ce samedi 22 avril, pour sa 53e année d'existence. Si le nom est pour le moins évocateur, qu'en est-il réellement dans son utilisé et ses actions ? L'histoire de l'apparition de cette journée remonte aux années 70 aux États-Unis sous l'impulsion de Gaylord Nelson et de Denis Hayes lorsque le Président Nixon était à la tête du pays. Forts de leur volonté à sensibiliser et mobiliser le plus de personnes possible quant à la protection de la planète, l'ancien sénateur du Wisconsin et l'étudiant en droit à Harvard arrivent à démocratiser cette revendication et ce n'est pas moins de 10% de la population américaine qui leurs emboitera le pas dans les rues ! À ce jour, depuis plusieurs années, nous recensons plus d'1 milliard de manifestants dans 193 pays du monde, faisant alors de cette journée l'événement environnemental le plus populaire et le plus important de l'histoire. Quelles actions pouvons-nous effectuer à notre échelle lors de cette journée, et même après ? Humains en Action vous propose plusieurs mesures et habitudes à adopter pour préserver notre environnement. En effet, chacun peut agir à son échelle, et voici quelques pistes que vous pouvez approfondir à votre bon vouloir : - changer vos modes de transport : privilégiez la marche à pieds ou le vélo pour des trajets courts, ou encore les transports en commun, le covoiturage... ; - changer vos modes de consommation : consommez bio et local pour des circuits de distribution courts et donc moins de pollution ; - faire le tri sélectif : cela permet de recycler les déchets et d'économiser les ressources naturelles ; - éteindre ses appareils électriques : un appareil mis en veille consomme quand même de l'électricité (seulement 15% de moins que quand il est allumé). Vous pouvez opter pour des multiprises avec des boutons marche/arrêt pour éteindre en un seul geste vos appareils ; - limiter le chauffage et la climatisation ; - ne rien jeter d'autre que le papier toilette dans les toilettes ; - limiter le gaspillage alimentaire : vous pouvez congeler la viande et le poisson lorsque vous approchez des dates limites de consommation. Pour les fruits et légumes, vous pouvez utiliser un compost, et pour les yaourts, ils peuvent encore être consommés deux à trois semaines après la date limite ; - rapporter ses médicaments périmés à la pharmacie ; - utiliser des ampoules LED car elles consomment 80% de moins d'énergie ; - devenir bénévole dans une association environnementale ; - acheter d'occasion ou vendre vos affaires inutiles afin d'éviter d'avoir à les jeter ; - adopter des gestes simples qui limitent votre impact environnemental : ne laissez pas la lumière allumée inutilement, ne laissez pas couler l'eau lorsque l'on se brosse les dents.

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